MAM galerie d'art contemporain
Ouverte en 2009 dans le quartier des antiquaires de Rouen, MAM Galerie soutient à la fois des artistes emergents et confirmés,  dans la galerie et sur des foires en France et à l'étranger. Une  programmation hors les murs mène des projets ambitieux dans des lieux choisis spécifiquement pour permettre leur concrétisation. Artistes : Pauline Bastard, Pierre Besson, Florim Hasani, Joel Hubaut, Rodolphe Huguet, Emmanuel Lagarrigue, Guillaume Pinard, Simon Ripoll-Hurier, Erwan Venn, Jean-Michel Sanejouand, François Trocquet. Projets avec : Bertran Berrenger, Bernard Calet, Aurian Guérard des Lauriers, Marc Hamandjian, Le Collectif Dop, Guy Lemonnier, Claire Maugeais.

 

"En perspective"
FRANCOIS TROCQUET

galerie

Il arrive à de très rares occasions de pénétrer dans un lieu, pourtant inconnu, qui nous paraisse d’une familiarité particulière.

Ma rencontre avec l’univers de François Trocquet fut l’une de ces rares fois.

Au milieu de ses œuvres, submergé par elles, je me trouvais physiquement happé par son travail, et tous les murs, le mobilier, enfin tous les supports sur lesquels elles reposaient se serraient tout autour de moi, devenant comme une continuité de mon propre corps.

Les sujets, presque ordinaires, m’ont rendu l’œuvre familière et, propices à l’appropriation, réinventaient et créaient mes souvenirs. Des souvenirs que l’on pense avoir, ceux dont on est certain, ceux que l’artiste a créé pour nous, tous, comme un écho entre les tempes, les ondulations d’une pierre qu’on jette dans l’eau, la balle contre le mur.. Tous, tous se heurtent, se heurtent et jamais ne cèdent.

Ses œuvres résonnent, tous leurs traits, tout leur réseau d’encre, glissent les unes vers les autres, s’auto-référencent, vont glaner chez leur voisine, et tissent entre elles un lien solide qui, quand on s’y retrouve pris, nous fait vibrer comme la proie au centre de la toile d’une araignée. Tout y est densité : quantitative premièrement, physique rapidement, émotionnelle ensuite.

Ses personnages, souvent sur les routes, semblent tous tendre vers quelque chose. Aucun ne semble rentrer, tous partent, en quête peut-être. L’artiste lui tend vers la collection, va vers l’archivage, de toutes ses images que l’on a au fond de notre boîte crânienne, mais dont on ne sait jamais vraiment l’origine : cinématographiques parfois, littéraires encore, rêveries sans doute.

Souvent horizontaux, ses formats sont comme la pellicule d’un film qui aurait été coupée pour n’en extraire qu’une image : des édifices, des lieux, des structures.. Et pourtant parfois, livrés verticalement, les paysages se dressent, s’imposent, et marquent une pause, un arrêt, dans le long road trip visuel qui défilait peu avant sous notre regard.

François Trocquet est un artisan du souvenir, un collectionneur d’images, et un archiviste de la fugacité des moments.

 

Maxime Maillard.

 

 

Expositions d'oeuvres dans l'UBI:

 

Charlotte Baudet, Florim Hasani, Jim-Kévin Quéré, Pierre Lardeau, Edwige Lévêque, Lison de Ridder, André Tardy, Anya Tikhomirova, Maxime Verdier.

 

Marie Valt: De l'UBI à l'abbatiale Saint Ouen, dans les rues.

 

Ouverture du mercredi au samedi de 13h à 20h, exposition organisée dans le cadre d' Art Sequana, manifestation annuelle réunissant différents lieux autour d'un même thème sur l'axe Seine du Havre à Paris. En 2015,  le sujet retenu est le dessin.

 

Emmanuel Lagarrigue  
"N’avez-vous pas froid"


Emmanuel Lagarigue

 

Pour cette intervention dans l’Abbatiale Saint Ouen, Emmanuel Lagarrigue a souhaité travailler à partir du roman « N’avez-vous pas froid » d’Hélène Bessette, paru en 1963. Consistant en un ensemble de lettres qu’un homme adresse à sa femme Dora partie se soigner en Suisse et dont il souhaite se séparer, ce roman, apparemment asymétrique, trace pourtant plusieurs portraits simultanément : celui du mari, G., celui de Dora, absente omniprésente, celui de leur relation, finissante, et surtout celui d’une société, de la place de la femme et de l’état des rapports hommes-femmes, qui nous interrogent aujourd’hui encore.


L’exposition est pensée comme une mise en scène. Derrière chaque pilier, une voix lit une lettre ou un passage d’une lettre adressée par G. à Dora. L’espace de la nef est occupé par un arrangement réalisé avec les chaises de l’Abbatiale elle-même. Disposées selon diverses configurations, seules ou en groupe, elles forment autant de ce que l’artiste appelle des « situations de jeu », à savoir des agencements simples, de quelques objets (les chaises ici, et des vêtements, des éléments construits en cuivre…) évoquant une possibilité de jeu (social, amoureux…) ou les traces d’un jeu déjà pratiqué. Au centre de la nef, dans son axe, une double ligne en cuivre, posée au sol, esquisse les deux portraits, proches mais séparés, de Dora et de G. à travers une représentation du rythme de leur parole.


Avec cette proposition Emmanuel Lagarrigue demande au spectateur de se projeter au centre d’une histoire qui nous est commune. L’exposition n’est pas tant un ensemble d’objets présentés au regard des personnes présentes ici et maintenant que l’histoire que ces personnes vivront ici et maintenant avec ces objets. Il s’agit pour lui de la meilleure façon de mettre en actes la continuité et l’actualité des questionnements qui fondent notre rapport à autrui et à la communatué à laquelle nous aspirons.

 

 

MAM Galerie

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