MAM galerie d'art contemporain
Simon Ripoll-Hurier :

Dreamland
Du 19 janvier au 16 mars 2013













~ Quoi de mieux pour comprendre le processus de création que de documenter, en temps réel, par un dispositif original, la création, par exemple, d’un morceau de musique, pourquoi pas d’une chanson.

- Mais c’est impossible, le processus échappe à la description, ça se passe toujours dans la tête du créateur et, à moins d’y planter des électrodes on ne saura jamais ce qui s’y passe.

~ Eh bien, documentons un processus de création collective. Demandons à un groupe d’amis de produire ensemble une oeuvre.

- Mais cela n’aura jamais ni début, ni fin ?

~ Alors, imposons et le début et la fin ! La fin, c’est facile, à 17h ce jour vous donnez un spectacle, il y aura du monde, la chanson doit être finie, enregistrée.

-Très bien, mais le début, comment voulez-vous qu’il y ait un début, on ne sait jamais quand ça commence la création ?

~ Ah, mais alors nous allons plonger dans les arcanes du rêve. Voilà, nous allons faire comme dans l’Antiquité, dans les temples, quand on voulait recevoir l’injonction d’un dieu : nous allons dormir tous ensemble, dans un campement de fortune et demander à l’un de nous de faire un rêve et de le noter, et au matin, c’est ce rêve qui nous servira de cristal, d’indice pour déployer notre oeuvre.

-Mais en supposant qu’il rêve et qu’il se souvienne de son rêve, comment documenter ce qui se passe, on ne va rien pouvoir suivre, tout va se mélanger ?

~ Eh bien, nous allons imaginer une oeuvre graphique dans et en plus de l’oeuvre musicale à créer. Nous n’avons peur de rien ! Voilà, nous allons tout écrire au tableau, sur un écran transparent, et derrière, en ombre chinoise, nous apparaitrons nous les créateurs collectifs de l’oeuvre à faire. Nous nous rendrons visible comme on le ferait d’un cerveau de rat qu’on aurait ouvert par quelques incisions habiles à l’inspection.
Voilà, c’est exactement pourquoi nous aimons tant le terme d’enquête : il y a d’abord une oeuvre musicale, une chanson ; ensuite, il y a une oeuvre graphique, un film et une installation...

- et ensuite, il y a un document sur un phénomène affreusement difficile à suivre : l’oeuvre, ce qu’exige l’oeuvre qui s’impose peu à peu aux auteurs alors que, à tout instant, ils pourraient arbitrairement décider d’aller dans un sens ou dans l’autre. Mais non, voilà, au fur et à mesure, ils ne peuvent plus. Depuis le rêve envoyé par les dieux "ou l’inconscient ou les neurones" au psychagogue endormi, jusqu’au montage final et au montage du film monté sur le montage final, l’oeuvre gagne en consistance. Elle s’impose. Elle est créée et créante. Comment ? Eh bien regardez et écoutez. Vous verrez bien.

 

Bruno Latour, janvier 2013

 

Le 10 novembre 2012, une dizaine de musiciens rentrent dans un atelier à La Courneuve. Ils installent leur matériel, branchent les micros, font les balances, mangent, boivent et s’endorment. L’un des musiciens fait un rêve. à l’aube, il le raconte aux autres. Ils ont jusqu’au coucher du soleil pour l’interpréter. 

DU 19 JANVIER AU 16 MARS 2013
(galerie ouverte les jours de projection et sur rendez-vous)

HORAIRES DES SÉANCES 

VENDREDI
16H - 16H45 - 17H30 - 18H15 

SAMEDI
14H - 14H45 - 15H30 - 16H15 - 17H - 17H45 - 18H30

DIMANCHE 17 FÉVRIER 
13H RENCONTRE AVEC SIMON RIPOLL-HURIER ET LES MUSICIENS AUTOUR D’UNE PROJECTION-BRUNCH (RÉSERVATION AU 06.95.27.59.66)

SAMEDI 16 MARS
- 17H-21H SOIRÉE DE LANCEMENT DU 45 TOURS « DREAMLAND »
AVEC LA PARTICIPATION DE JÉRÉMIE BASTARD, BENJAMIN BONAVENTURE, RÉMY BOSC, GUILLAUME LAURENT, LUCAS MORIN, ANDRÉ PASQUET, JEAN-FRANÇOIS RIFFAUD, ET L’AIDE DE HARMONIE BÉNARD ET THÉOPHILE RIPOLL-HURIER.

Ce projet a été conçu en dialogue avec l’Enquête sur les Modes d’Existence de Bruno Latour (Ed. La Découverte, 2012). il a reçu le soutien de la Fondation Nationale de Sciences Politiques. 

Exposition réalisée dans le cadre de « Abruit » - Art Sequana / Art contemporain du Havre à Paris.

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